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Photo de Lotus, prise sur un lac du palais d'été au nord-ouest de Beijing

Minorités Ethniques du Mali

En présentation, un léger rappel sur La situation économique actuelle du Mali:

Le Mali reste l'un des pays les plus pauvres du monde et il n'a cessé de s'appauvrir entre 1985 et 1993, avec une croissance annuelle négative de 1 % en moyenne tandis que sa dette extérieure brute était égale ou supérieure au PIB.
Au mécontentement causé par la crise économique et à l'impopularité des plans d'ajustements structurels mis en œuvre à partir de 1981, s'ajoute une forte aspiration démocratique.
En 1992, le nouveau président hérite d'une économie nationale en déconfiture. Il obtient l'assistance du FMI et le Parlement vote en septembre une loi favorisant la privatisation des entreprises publiques et renforçant le contrôle financier de l'Etat sur ces dernières.
En septembre 1993, après avoir consulté les partis politiques et les syndicats, le gouvernement annonce une série de mesures destinées à réduire le déficit budgétaire.
La dévaluation du franc CFA, en janvier 1994, et la mise en place d'une politique de rigueur, si elles ont permis de réduire les déficits publics, ont engendré une aggravation des conditions de vie de la population.
En 1993 et 1994, le pays fut secoué par les manifestations de la jeunesse scolarisée.
Des concertations régionales permirent de rouvrir les écoles et l'université et de ramener la paix sociale, nécessaire au redressement économique.
Le nouveau régime a manifesté à chaque conflit sa volonté de résoudre la crise sociale par la négociation. Ses efforts pour renforcer la démocratie demeurent cependant menacés par la persistance des difficultés économiques.
Le FMI a approuvé en 1995 l'octroi d'un troisième prêt annuel destiné à soutenir sa politique de stabilisation économique et de réformes structurelles.
Depuis, la réforme du secteur public se poursuit, l'inflation reste modérée et la croissance se maintient.
La faiblesse du secteur industriel et la fragilité du secteur agricole restent toutefois préoccupantes.


LES ETHNIES AU MALI

LES TOUAREG

Les touareg (targui au singulier) sont des nomades berbères Zenega.
Ils sont répartis entre une multitude de fractions éparpillées au Sahara jusqu'à Tombouctou.
Dans l'ensemble, chez les Touareg, le sang noir prédomine en raison, d'une part, du nombre important d'esclaves noirs avec lesquels ils sont constamment en contact et qui, même libre, se font recenser avec leurs anciens maîtres dont ils ont adopté la langue, la religion et le mode de vie,
et d'autre part, des relations de commerce qu'ils ont eues de tout temps avec les peuples sédentaires en général et les Sonraï en particulier et qui ont eu pour conséquence un nombre considérable de métis de touareg qui constitue l'élément démographique essentiel des Ksour (villages sahariens)

LES MAURES

Avant le rattachement en 1944 de la majeure partie du Hodh(cercles de Néma,d'Aïoul El Atrouss et subdivision de Timbédra) à la Mauritanie, le Mali comptait plusieurs tribus importantes de Maures parmi ses populations: Lakhal, Oulad nacer, Oulad M'barké, mechdouf, ladoum, etc.
Mais malgré cette importante amputation faite au territoire malien, il existe encore au Mali quelques tribus maures notamment au Nord où se trouve deux groupes importants : l'un au-dessus et l'autre au-dessous de Tombouctou, c'est-à-dire entre 16 et 18 degrés de latitude Nord et 4 et 6 degrés de longitude Ouest.
Par ailleurs la partie sahélienne du Mali, qui se trouve sur le 15è degrés de latitude Nord, reste toujours l'une des zones importantes de migration des Maures mauritaniens au point qu'il a fallu l'intervention d'un protocole d'accord entre les deux gouvernements pour que certaines fractions bedaïnes(maures) ne se fassent recenser au Mali qu'avec l'assentiment des autorités de Nouakchott, afin d'éviter le dépeuplement de certaines régions de la Mauritanie, tel que le Bassikounou, au profit du Mali.

LES PEULS

Sous le terme de "peuls" on a coutume de désigner des individus tant sur le plan somatique que sur le plan ethnique.
Il est vrai que le peul correspond au type pur, c'est-à-dire ayant un teint clair voire basané comme l'étaient, selon la tradition, les ancêtres foulbé(poullo au singulier) ne se rencontre que très rarement.
Il en existe quelques îlots dans certaines régions, tels que les rangabé par exemple, dans la zone sahélienne ; mais la grande majorité de ceux qui se disent peuls est plus ou moins métissé; certains d'entre eux sont d'ailleurs, parfois, plus foncés que les autres Noirs.
En effet on compte par exemple parmi les peuls leurs rimaïbé, c'est-à-dire les descendants de leurs anciens esclaves et leurs serviteurs, qui, quoique appartenant à diverses races noires, se sont mêlés et unifiés à leurs anciens maîtres.
Ils ont adopté toutes les coutumes des peuls bien qu'ils restent socialement dans un état d'infériorité vis-à-vis de ceux-ci. Aussi aucune appellation ne prête-t-elle autant confusion que celle du mot peul.
Quoiqu'il en soit, les peuls ou, du moins, tous ceux que l'on désigne sous ce vocable, sont si éparpillés que l'on en rencontre des rives du fleuve Sénégal à celles du lac Tchad et du Cameroun aux bords du Nil.


LES BAMBARA

Les Ban-mâna, de Ban : refus et mâna: Maître, c'est-à-dire ceux qui ont refusé d'être dominés, plus communément connus sous le vocable de bambara que leur a donné le colonisateur européen, tiennent surtout par leur dialecte, dérivé de la langue mandingue, une place importante au sein des autres groupes ethniques du Mali. En effet la popularité du dialecte bambara est telle que l'observation non avertie pourrait s'imaginer que c'est l'ethnie bambara qui prédomine au Mali.
Par ailleurs l'illusion que donne la prédominance absolue du groupe bambara provient également du fait qu'en général les musulmans et en particulier les Toucouleurs désignent sous le nom de bambaran-kobé(les bambara) tous les non-mahométans du Mali.
Il est vrai que les bambara proprement dits sont très nombreux au point de rencontrer un peu partout, même au Sénégal, en Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie et en Côte-d'Ivoire, et au Mali ils constituent le groupe ethnique le plus important.
La grande masse des bambara, dont l'aire géographique s'étend du centre Est à l'Ouest du Mali, est répartie entre les régions de Ségou et de Niono, (delta central nigérien), du Bélédougou (cercle de Kolokani au Nord de Bamako) limitrophe de la zone sahélienne, du Kaarta , à cheval sur les cercles de Kita, au Sud et de Nioro au Nord et les cercles de Koulikoro, Dioïla, Banamba, Bougouni, Yanfolila, Kolondiéba et Sikasso.


LES MALINKES

Les Malinké ou Maninka ou Mandenka .
Le peuple Malinké est l'un de ceux dont l'histoire domine le passé du Mali.
Certes, il lui arrive de temps à autre d'avoir des sursauts de révolte devant certaines injustices, mais qui n'en rappellent pas moins les principes d'honneur qui régissaient la vie de ses ancêtres.
LES SENOUFO

Les Sénoufo et les Minianka sont considérés comme appartenant à la même ethnie. En effet, on admet généralement que les seconds ne sont autres que les membres d'une branche collatérale qui s'est séparée du groupe primitif pour aller s'installer un peu plus au Nord.
Les Minianka forment donc, dans les Cercles de Koutiala et de San, un rameau sénoufo résultant de l'expansion de ce dernier peuple vers le Nord.

LES SONRAI

De tous les groupe ethniques du Mali, on peut dire que celui des Sonraï est l'un de ceux qui ont occupé une place importante, du fait de sa situation géographique.
En effet, installé à la frontière de l'Afrique blanche et de l'Afrique noire, le peuple Sonraï a bénéficié, de ce fait, à la fois des apports des pays méditerranéens, bien avant les autres, et de ceux des pays du sud qui entretenaient des relations commerciales avec les premiers à travers son territoire.
L'histoire songhay, a été, de ce fait, l'une de celles qui ont été les plus commentées par les chroniqueurs de langue arabe.

LES SARAKOLLES

Les saracollé ou Soninké, connus également sous le nom de Marka, sont d'extraordinaires voyageurs. Ils constituaient naguère cette corporation de colporteurs traditionnels, qui, avec celle des dioula, sillonnait tout l'Ouest africain.
Intrépides commerçants en même temps vaillants guerriers, ils allaient de pays en pays, de village en village, à la recherche du profit même dans les régions où régnait l'insécurité. De nos jours, utilisant les moyens de transports modernes, ils n'en continuent que mieux à poursuivre leurs pérégrinations à travers le monde.
En outre, ardents musulmans, autant qu'audacieux aventuriers et astucieux traitants, ils ont pu créer un peu partout et jusqu'au cœur des régions forestières des communautés islamiques, où du reste le mot Soninké est devenu souvent synonyme de marabout.
Ce que l'on dire des Saracollé : c'est qu'après avoir créé l'un des empires les plus puissants et les plus florissants au début de l'ère chrétienne: le Ghana, ils furent l'un des peuples les plus actifs de l'Afrique de l'Ouest, après la décadence de cet empire.

LES DIAWARA

Contrairement à ce qu'on a coutume de dire, les Diawara n'appartiennent pas au groupe ethnique des Soninké ou Saracolé.
Leur peuple tire son nom générique du diamou (patronyme) qui aurait été originellement donné à leur ancêtre dans des circonstances particulières.
Certes, les Diawara pratiquent la langue saracolé, mais ils ne sont pas pour autant un sous-groupe de la grande famille Soninké.
En vérité, les Diawara constituent un peuple à part, une sorte d'enclave au sein d'un groupe numériquement plus important mais qui n'a pu les absorber en raison des particularités qui leur sont propres et dont ils n'ont jamais voulu se départir afin de conserver leur originalité intacte.
Les Diawara se caractérisent en somme par le fait que leur peuple est l'un de ceux qui ont su le mieux conserver leur unité et leurs coutumes malgré leurs dissensions internes.

LES BOZO ET SOMONO

Contrairement aux sorko (pêcheurs de la boucle du Niger) qu'on considère comme faisant partie intégrante de la Société Sonraï du fait que, comme nous l'avons déjà vu, ils étaient en quelque sorte à la base de la création de celle-ci, les bozo, par contre, constituent un groupe spécifique n'ayant avec les populations qui les environnent que quelques affinités peu suffisantes pour les assimiler complètement à celles-ci.
C'est à tort que d'aucuns ont qualifié les bozo de gens de caste dans toute l'acceptation de cette appellation, car, d'origine noble et devenus émigrants à l'issue de la décadence de l'empire du Ghana dont ils faisaient partie, ils ont choisi d'être pêcheurs, parce que s'étant trouvés au bout de leur errance aux bords du Niger ils ont entrepris alors d'exploiter les ressources de ce fleuve pour subvenir à leur subsistance.
Ensuite, améliorant peu à peu leurs techniques, ils firent, en fin de compte, de la pêche leur principale activité à laquelle ils ajoutèrent quasi-monopole de la batellerie. C'est ainsi qu'ils devinrent les " maîtres de l'eau ".
Puis empruntant aux aborigènes des lieux où ils se fixèrent certaines des coutumes de ceux-ci, ils les combinèrent avec celles qu'ils avaient rapportées de leur pays d'origine et créèrent ainsi des traditions distinctes dans une large mesure, de celles des grands groupes ethniques.

LES KHASSONKES

Le Khasso (pays des Khassonké) se trouve enclavé dans ceux des peuples saracollé au Nord-Ouest, bambara au Nord-Est et Malinké au Sud.
Ces peuples, malgré leur importance numérique de beaucoup supérieure à celle des Khassonké et leur puissance, dans tous les domaines, beaucoup plus grande que la leur, n'ont pu cependant les absorber, ni les dominer assez longtemps.
Certes les Khassonké ont, sans doute, emprunté certaines des coutumes de leurs puissants voisins, mais ils ont tenu à avoir des mœurs qui leur soient propres, et qui leur ont permis de se créer une certaine originalité particulière notamment dans les domaines social et culturel.

LES TOUCOULEURS

Les Toucouleurs sont venus très tard au Mali où leur implantation s'est faite à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.
Leur domination sur les autochtones du pays ne dura qu'un demi-siècle, mais elle eut l'avantage de créer un Empire homogène composé de Saracollé, Bambara, Malinké, Khassonké, Peuls, Dogon, etc. qui séparément ou en perpétuelles luttes.
Quoique étrangers eux-mêmes au pays qu'ils soumirent par les armes ils furent cependant de ceux qui s'opposèrent opiniâtrement à la pénétration française.
Si, après l'effondrement de l'Empire Toucouleur, certaines familles regagnèrent les rives du fleuve Sénégal, nombreux furent les Foutankobé (Foutanké au singulier) qui restèrent sur place créant çà et là de petits îlots indépendants parmi les populations qu'ils avaient naguère asservies
En ce qui concerne le nom Toucouleur qu'on leur donne, il semble que ce terme soit une déformation du mot Tekrour, nom de l'un des Empires contemporains du Ghana et berceau des Foutankobé.

LES AUTRES GROUPES ETHNIQUES DU MALI

Il s'agit d'une part de certains petits groupes aborigènes aux origines parfois mal définies, et d'autre part des allogènes en provenance d'autres pays d'Afrique, mais assez peu nombreux pour ne pas en faire une étude détaillée.
Les premiers, ayant conservé soit leur originalité propre soit certains de leurs caractères spécifiques, soit leur indépendance en se taillant des régions qui leur sont propres, méritent que quelques lignes leur soient spécialement consacrées.
Quant aux seconds, ils se composent d'abord de groupuscules stables dont la densité est beaucoup plus forte dans les centres urbains et les zones aménagées que dans l'arrière-pays ; ensuite d'une multitude d'individus venus de tous les horizons soit à la suite des envahisseurs, soit au hasard des pérégrinations consécutives à leurs activités commerciales.
Dans le premier groupe se classent notamment les Ouoloff et les Mossi qui cherchent à se regrouper partout où ils se sentent quelque peu nombreux pour former une petite colonie distincte, le plus souvent réfractaire mais non hostile aux traditions locales.
Généralement ils tentent d'adapter leur genre d'existence propre aux conditions de vie locale pour ne pas heurter leurs hôtes mais ne s'intègrent à ceux-ci que dans la mesure où ils sentent qu'ils ne seront pas définitivement absorbés. Il leur arrive parfois de participer aux cérémonies coutumières populaires de leurs lieux de résidence mais ils assistent très rarement à leurs manifestations religieuses non musulmanes lorsqu'ils y sont conviés.
Ces derniers se sont pour la plupart, fixés dans les zones aménagées du bassin du Niger où ils ont été amenés du Burkina Faso par le colonisateur en vue de constituer un embryon du colonat qu'il voulait y implanter, tandis que les Ouoloff, originaires du Sénégal et venus en même temps que les Français, résident dans les villes importantes notamment à Kayes et à Bamako.
Le second groupe est constitué par des représentants de différentes autres ethnies étrangères : Haoussa, Samo, Toma, Guerzé, Maninka-Mori, Soussou, Djerma, Mandingo, Yourouba, etc., en provenance de divers pays africains: Burkina Faso, Guinée, Sénégal, Côte-d'Ivoire, Niger, Nigeria, etc. Ils constituent l'essentiel de la masse flottante dont le nombre est difficile à déterminer en raison de sa constante mobilité. Certains d'entre eux cependant finissent, à la longue, par se fixer définitivement au sein des groupes où ils se trouvent et adoptent alors sans réticence les traditions de ces groupes.
Ils finissent par s'assimiler aux autochtones au point que leur distinction ne peut s'effectuer que grâce à leurs patronymes qu'ils conservent toujours jalousement.
Ils constituent dans les statistiques démographiques la rubrique appelée "Divers".


et enfin................

LES DOGON

Les Dogon ou Hambé(kaddo au singulier) constituent le peuple-type, qui, au Mali, a le mieux conservé son originalité, son homogénéité, ses mœurs et coutumes particulières et ses croyances séculaires.
Aussi, connaître leurs origines et leur mode de vie et étudier les causes qui ont permis à leurs traditions de résister aux assauts des apports extérieurs offrent-ils un grand intérêt à tout esprit ouvert aux grands courants de la civilisation des peuples à travers les âges.

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Carte du Mali BAMAKO DJENNE HOMBORI - Main de Fatma Mopti et le fleuve Niger

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